Ne vous êtes-vous pas souvent demandé à la suite de quel étrange calcul, dont on n’oserait soupçonner qu’il fût de pur sadisme, les clubs des séries standard ont des longueurs et des “lies“ (angle du shafts par rapport au sol) tels qu’il vous faut adopter une posture différente pour chaque fer ? Ainsi, entre votre fer 3 et votre Sand Wedge, si vous posez bien le club au sol, vous constaterez que la différence de hauteur des poignets à l’adresse est d’environ 5 centimètres. Et cette hauteur varie de club en club… Le golf n’est-il pas déjà assez difficile pour qu’on ne le complique encore un peu plus ? Grâce à la méthode “True Length Technology” développée par Dan Conelly aux États-Unis, et recommandée par Tom Wishon lors de la conférence annuelle de la Professional Clubmaking Association qui s’est tenue en mars dernier à Louisville (Kentucky), nous pourrons, si vous le souhaitez, régler tous vos fers de telle sorte que vous n’ayez plus qu’une seule posture pour l’ensemble de vos fers, avec une hauteur des poignets à l’adresse correspondant vraiment à celle à laquelle vous êtes le plus confortable.
Le résultat : une posture à l’adresse aisément reproductible, un swing identique de fer en fer, plus de coups centrés, moins de grattes et de tops, de meilleures sensations, plus de régularité et de précision, moins de tension sur l’ensemble du corps, et un résultat final en sensible amélioration avec, à la clé, un meilleur score.
Quant à l’association de la méthode “True Length Technology“ avec le réglage en Moment d’Inertie c’est l’assurance de la découverte d’un jeu de golf entièrement nouveau, plus confortable, plus efficace, plus gratifiant.
Swing weight, M.O.I , équilbre, longueur, et clubs standard ou “fittés”
Amis golfeurs, vous le savez peut-être, les clubs de marques grand public que vous utilisez peut-être sont réglés en swing weight uniforme et en longueur variant d’un demi pouce (0 ,127 cm) entre chaque fer.(En général un pouce entre chaque bois).
Ceci présente l’avantage déterminant, pour les fabricants, de favoriser une production de masse à coût réduit. Et comme par ailleurs le cerveau humain est, en général rassuré par ce qui est « pareil », tout est parfait dans le meilleur des mondes du marché du golf.
Mais il y a un hic. En effet, rien ne dit que ces réglages sont ceux qui permettent d’optimiser le jeu du golfeur. Et effectivement ce n’est pas le cas.
En effet une balance à swing weight, qui fonctionne de la même façon qu’une balance à peser la farine ou le sucre pour faire un gâteau, détermine la valeur d’un équilibre statique, à savoir un poids multiplié par une longueur, M*l, autour d’un couteau de la balance situé à 14 inches du bout du grip. Or cette valeur n’est pas celle qui caractérise la force qui s’oppose au golfeur lors du swing et, notamment, dans sa phase finale la plus critique, celle qui a lieu à partir du relâchement des poignets. Le club se comporte alors comme le balancier d’une pendule ou celui d’un métronome qui tourne autour d’un axe. Et la force en action est alors le moment d’inertie du club (à ne pas confondre avec celui de la tête du club qui est généralement évoqué pour vanter la qualité des drivers). Cette force est égale au poids du club multiplié par le carré de la longueur entre son centre de gravité et le haut du grip, suivant la formule MOI=M*l².
Ainsi, plus la longueur du manche augmente, plus le club est « lourd » à swinguer. Il suffit pour s’en convaincre de swinguer un club en le tenant près de la tête puis au grip, ou encore d’observer le balancier d’un métronome lorsque l’on fait varier la position de son poids.
Je tiens mon fer 7 par l’extrémité du grip, il est difficile à faire osciller…
A contrario, en tenant le club par le milieu du shaft, il devient très facile à bouger.
Ceci vous explique pourquoi les différences de sensations sont tellement différentes entre un long fer et un fer court, l’augmentation exponentielle du MOI due à la longueur du club n’étant que partiellement compensée par la variation du poids des têtes.
Quant à la variation d’un demi inch entre chaque fer, elle s’inscrit dans le même processus. Les industriels produisent des têtes de clubs dont les poids s’échelonnent, pour les fers, de 7 grammes en 7 grammes. Ainsi une tête de fer 3 pèsera 240 g, de fer 4, 247 g, de fer 5 254 g , etc… Et, merveille de la physique, si vous prenez des têtes échelonnées de 7 g en 7 g, des shafts coupés de demi inch en demi inch , que vous mettez des grips et des ferules qui pèsent tous le même poids, vous vous retrouvez avec une série dont chaque club présentera le même swing weight. Magnifique !
Mais quel est l’intérêt pour le golfeur d’avoir des clubs qui n’ont ni le même équilibre dynamique et qui imposent pour chacun d’entre eux uneposition à l’adresse différente ?
Imaginez un instant un champion de tir au fusil, ou à l’arc auquel on demanderait entre chaque coup d’utiliser une arme d’un équilibre différent avec une posture différente. A n’en pas douter, sa performance serait nettement moins bonne.
En fait toute la problématique au golf est de réduire l’écart type de distribution statistique autour d’un point central. Ceci consiste à faire varier la forme de la courbe de Gauss de répartition des impacts sur le terrain, ainsi que figuré sur les graphiques ci après.
Et il est évident que plus on parvient à limiter les facteurs de dispersion, plus la courbe de Gauss deviendra pointue, traduisant l’amélioration de la précision du tir. Il en va ainsi pour tout engin balistique et dans le golf, où l’on en utilise 14, cela présente une importance déterminante.
En réglant les clubs en moment d’inertie constant, hauteur des poignets à l’adresse constante, flexibilité à l’incrément constant (harmonisation des fréquences), oscillation linéaire, le bon club maker améliorera fortement l’homogénéité de votre série, et, ainsi, la facilité à la jouer régulièrement de club en club. Ceci aura un effet positif sur votre score, mais plus encore sur votre plaisir…
Observons, accessoirement, que le swing weight présente par ailleurs l’inconvénient qu’il est tout à fait possible de régler avec la même valeur deux clubs au poids ou à aux longueurs totalement différents et donc ne convenant pas au même golfeur. Et, à titre d’expérience intéressante, un bon club maker pourra assembler en D0, valeur courante, un objet en forme de club d’une longueur de 5, voir 10 mètres de long. , évidemment totalement injouable…